Le compilateur F# vient d'être publié sous la licence libre Apache 2.0 (lire l'annonce). Cela signifie que l'on peut modifier le code, le recompiler, le diffuser librement. Il est même possible de réutiliser le code, que ce soit dans un logiciel libre ou non, commercial ou non. C'est une nouvelle importante pour plusieurs raisons :

  • Cela montre une fois de plus l'attachement de l'équipe F# aux logiciels libres. Depuis longtemps, le code source du compilateur est distribué (mais avec une licence un peu contraignante), un script d'installation pour Linux est fourni et la compatibilité avec Mono est prise très au sérieux : pendant le développement de F#, le compilateur est régulièrement testé avec Mono, des corrections sont faites pour améliorer la compatibilité, des options sont ajoutées pour améliorer les performances sous Unix (--resident par exemple), etc. Par ailleurs des paquets pour Linux et Mac ont été créés, simplifiant encore l'installation.
  • Cette licence autorise la redistribution de F# sans contrainte. J'espère que F# pourra être installé en même temps que Mono et ajouté dans les distributions Linux.
  • L'un des objectifs de ce changement de licence est de favoriser l'apparition d'outils. "Cela peut-être des outils graphiques tels que des visualiseurs de code, ou des outils d'édition comme du refactoring, ou encore de nouveaux modes pour exécuter, embarquer ou interpréter le code F#", indique Don Syme.
  • Si un jour Microsoft abandonne F#, les utilisateurs ne seront pas condamnés : n'importe qui pourra reprendre ce projet. Cela assure une certaine pérennité au langage.

En lisant les réactions suite à cette nouvelle, j'ai vu des réactions assez variées. Certaines croient que Microsoft rend F# parce que ça marche mal et que ça va être abandonné. C'est faux, parce que ce changement de licence était prévu de longue date ; parce que Microsoft a ajouté ce langage dans Visual Studio en raison, justement, de son succès ; parce que, enfin, Microsoft utilise beaucoup, et de plus en plus, F# en interne. Un nombre croissant d'entreprises (en particulier dans le domaine financier) l'adopte. Ce changement de licence devrait permettre d'accroître encore plus ce nombre d'utilisateurs. Par exemple, plusieurs universités aux États-Unis ont intégré F# dans leur cursus ou vont le faire, suite à cette annonce, faite dans le cadre du F# in Education Workshop.